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Coaching

Se faire coacher quand on est dirigeant, ce n'est pas un aveu de faiblesse

Rodolphe Le Houx · 10 mars 2026 · 6 min de lecture
Deux dirigeants en session de coaching strategique

Federer, Nadal, LeBron James. Tous ont un coach. Pas parce qu'ils ne savent pas jouer. Parce qu'ils savent que pour continuer à progresser, il faut quelqu'un qui voit ce qu'on ne voit pas soi-même.

Les dirigeants les plus compétents que je connais ont presque tous un coach. Ce n'est pas une coïncidence.

1. Ma résistance initiale

Pendant longtemps, j'ai pensé que le coaching était pour les gens qui ne savaient pas quoi faire. Que si je ne trouvais pas les réponses seul, c'est que je n'étais pas à la hauteur.

C'est un réflexe très commun chez les fondateurs. On a construit quelque chose de rien, on a réglé des centaines de problèmes seuls. L'idée d'aller chercher de l'aide touche à quelque chose de profond dans l'égo du dirigeant.

J'avais tort. Et ça m'a coûté du temps et de l'énergie de rester dans cet angle mort aussi longtemps.

2. Ce que le coaching fait vraiment

Le coaching n'est pas de la thérapie. Ce n'est pas non plus du consulting. Le consultant vous dit quoi faire. Le coach vous pose les questions qui vous font trouver vous-même ce que vous devez faire.

Ce qui change concrètement : la qualité de vos décisions. Pas parce que le coach décide à votre place, mais parce qu'il crée un espace où vous pensez plus clairement.

En tant que dirigeant, vous êtes rarement seul mais souvent isolé. Tout le monde attend quelque chose de vous. Votre coach est la seule personne dont ce n'est pas l'intérêt que vous preniez telle ou telle décision.

C'est cette indépendance-là qui crée la valeur.

3. Les changements concrets dans ma manière de diriger

Trois évolutions directement attribuables à mon travail de coaching.

J'ai appris à distinguer les urgences des priorités. Avant, je répondais à tout ce qui était urgent. Maintenant, je me demande d'abord si c'est important. Ce n'est pas la même question. Beaucoup d'urgences ne sont pas des priorités.

J'ai amélioré ma qualité d'écoute dans les moments de tension. Quand une situation est tendue, mon réflexe était de parler pour gérer. J'ai appris à écouter d'abord. C'est presque toujours plus efficace.

J'ai délégué mieux. Pas plus, mieux. Le coaching m'a aidé à identifier ce que je gardais par égo ou par habitude plutôt que par nécessité. La distinction change tout.

Ce que le coaching ne fait pas : il ne résout pas vos problèmes opérationnels immédiats. Ce n'est pas son rôle. Si vous avez besoin de régler un conflit client cette semaine, appelez un consultant. Si vous voulez changer votre manière de gérer les conflits en général, appelez un coach.

4. Comment choisir le bon coach

J'ai eu de mauvaises expériences avant de trouver quelqu'un qui m'apporte vraiment de la valeur. Voici ce qui compte.

L'expérience de terrain, pas seulement académique. Un coach qui n'a jamais dirigé une équipe, géré une négociation difficile, ou fait face à une crise opérationnelle aura du mal à vous challenger sur ces sujets.

La capacité à vous déranger. Si votre coach valide tout ce que vous dites, changez de coach. Son travail est de voir vos angles morts, pas de vous rassurer.

La confidentialité absolue. Tout ce que vous dites reste dans la salle. C'est non-négociable. Un coach qui parle de ses clients ne peut pas créer la sécurité nécessaire au travail en profondeur.

5. Coach vs mentor vs consultant : ce que beaucoup confondent

Le mentor partage son expérience. Il vous dit ce qu'il ferait à votre place. Très utile pour la transmission sectorielle, pour comprendre les codes d'un marché ou les erreurs classiques d'une industrie.

Le consultant analyse et préconise. Il résout un problème spécifique avec son expertise. Utile quand vous avez besoin de compétences que vous n'avez pas en interne.

Le coach ne vous dit pas quoi faire. Il développe votre capacité à trouver vous-même les bonnes réponses et à prendre de meilleures décisions sur la durée. Le ROI est moins immédiat mais plus profond.

Les trois sont utiles à des moments différents. Ne les confondez pas.

6. Pourquoi l'égo est l'obstacle principal

La vraie raison pour laquelle beaucoup de dirigeants ne se font pas coacher n'est pas le coût ni le temps. C'est l'égo.

Admettre qu'on a des angles morts, qu'on pourrait décider mieux, qu'on a des comportements qui coûtent à l'organisation, c'est difficile. Surtout quand on a bti quelque chose dont on est fier.

Mais les meilleurs athlètes ont un coach précisément parce qu'ils veulent gagner plus que protéger leur égo. La question c'est : est-ce que vous voulez vraiment continuer à progresser, ou est-ce que vous voulez juste avoir l'air de quelqu'un qui n'a pas besoin d'aide ?

Où commencer : une session d'exploration avec un coach de votre réseau suffit pour voir si le format vous convient. Pas d'engagement, pas de contrat. Juste une heure pour tester si le travail avec cette personne vous apporte quelque chose. Si oui, continuez. Sinon, testez quelqu'un d'autre.

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