Ma routine matinale de CEO (et pourquoi elle change tout)
6 h 00. Pas d'écran pendant les trente premières minutes. C'est la règle numéro un, et la plus difficile à tenir.
Ce que je fais le matin avant que la journée commence détermine la qualité de mes décisions pour les douze heures suivantes. J'ai mis du temps à le comprendre, et encore plus à l'appliquer.
1. Pourquoi le matin est la meilleure fenêtre
Le matin, l'attention est à son maximum, avant les premiers conflits, les premières décisions réactives, les premiers problèmes urgents. C'est le moment de la journée où la pensée est la plus claire.
Commencer par regarder son téléphone, c'est confier son état mental du matin aux notifications des autres. La journée devient réactive avant même d'avoir été décidée.
Si la première chose que vous faites le matin est de vérifier vos emails, vous passez votre journée à répondre à l'agenda des autres plutôt qu'au vôtre.
2. Ma routine, étape par étape
6 h 00 : réveil, pas d'écran. Le téléphone reste face contre la table de nuit. Les trente premières minutes m'appartiennent.
6 h 05 : quinze minutes de mouvement léger. Pas une séance de sport. Des étirements, quelques séries simples. L'objectif est de lancer la circulation et de sortir du mode sommeil. Le sport, je le garde pour le soir : depuis peu, c'est le padel une fois par semaine.
6 h 20 : cinq minutes de revue des priorités du jour. Pas les tâches, les priorités. Il y en a toujours deux ou trois vraies. Pas dix. Je les note la veille au soir pour ne pas avoir à y réfléchir le matin. Le matin, je consulte, je ne réfléchis pas.
6 h 25 : soixante minutes de travail profond. Un bloc de concentration maximale, zéro interruption. Téléphone en silencieux, messageries fermées, pas de réunion. Ce bloc est sacré. C'est là que j'avance sur les sujets qui demandent de la réflexion.
7 h 25 : cinq minutes de tableau de bord. Les trois chiffres du matin (trésorerie, pipeline, exécution). Cinq minutes. Pas plus. MARGOT, l'agent qui tient mes tâches et mon agenda, m'a déjà envoyé l'essentiel sur Telegram pendant que je dormais.
La règle absolue : le bloc de 6 h 25 ne se coupe pas. Si une urgence réelle arrive (rare), je coupe, je traite, je reviens. Mais les « urgences » habituelles peuvent attendre soixante minutes. La quasi-totalité de ce qui est signalé tôt le matin peut attendre deux heures sans conséquence.
3. Ce que j'ai essayé et qui ne marche pas
La lecture obligatoire. J'ai essayé de lire trente pages chaque matin. Résultat : je lisais sans rien retenir, parce que mon cerveau pensait déjà au travail. La lecture fonctionne mieux pour moi hors du contexte professionnel, pas le matin.
La méditation forcée. J'ai testé des applications. Pour certains, cela fonctionne très bien. Pour moi, avec un TDAH, rester assis sans bouger quinze minutes en pensant à « rien » génère plus de frustration que de calme. Le mouvement répond mieux à mon profil.
Le journal quotidien strict. J'écris parfois, pas chaque matin comme un rituel immuable. Quand j'ai quelque chose à traiter, j'écris. Quand je n'ai rien de particulier, je ne force pas.
4. TDAH et routine : ce qui change
Avec un TDAH, la routine rigide est à la fois plus nécessaire et plus difficile à maintenir. Plus nécessaire, parce que l'environnement extérieur prend trop facilement la place des priorités décidées.
Plus difficile, parce que la monotonie tue la motivation. La clé : une structure minimale autour de laquelle je peux varier les contenus. Le « quand » est fixe, le « quoi » peut changer.
Le bloc de travail profond du matin est toujours là. Ce sur quoi je travaille pendant ce bloc change selon la période.
Pour construire votre propre routine : ne copiez pas la mienne. Copiez le principe (protéger une fenêtre de clarté avant les interruptions) et trouvez la forme qui correspond à votre profil. Testez, ajustez sur deux semaines, gardez ce qui fonctionne. Une routine qui ne vous correspond pas sera abandonnée en dix jours.
5. Ce que cela change dans ma direction au quotidien
Avant cette routine, je passais mes matinées en mode réactif. Emails, messageries, demandes, urgences. Je n'arrivais pas à un vrai bloc de réflexion avant 11 h, parfois 14 h.
Avec cette routine, j'ai soixante minutes de travail de fond avant 7 h 30. Sur cinq jours, c'est cinq heures de travail de qualité que je n'avais pas. Pour des décisions stratégiques, des analyses, des chantiers qui demandent de la profondeur.
Ce n'est pas une question d'en faire plus. C'est une question de faire les bonnes choses dans le bon état d'esprit.
Retrouver le matin la capacité de décider avant que le monde ne décide pour moi, c'est le point de départ de mon livre Recommencer à décider : 98 pages d'histoire vraie, que j'offre aux dirigeants qui me les demandent.
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Quelle routine matinale pour un dirigeant avec un TDAH ?
Courte, souple, orientée démarrage rapide plutôt que rituel long. Ce qui marche le mieux : un ancrage physique court (cinq à quinze minutes de mouvement), une revue immédiate des deux ou trois priorités notées la veille, et un bloc de travail profond démarré sans transition. Évitez les routines si rigides qu'elles deviennent une source de frustration quand elles sautent.
Par où commencer pour créer une routine matinale efficace ?
Par un seul changement, pas dix. Choisissez l'élément qui a le plus d'impact pour vous : lever trente minutes plus tôt pour un bloc de travail calme, ou remplacer les réseaux sociaux du réveil par la revue des priorités. Tenez ce seul changement deux semaines. Ajoutez le suivant quand le premier est devenu automatique.
Faut-il se lever tôt pour être un bon CEO ?
Non. Ce qui compte est d'avoir une fenêtre de clarté avant que les sollicitations commencent. Pour certains, c'est 5 h 30 ; pour d'autres, 8 h si les premières réunions ne démarrent qu'à 10 h. L'objectif est de protéger un moment de réflexion calme avant d'entrer dans le flux des demandes. L'heure exacte est secondaire.