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Leadership

Routine matinale de dirigeant : ce qui change la journée

Rodolphe Le Houx, coach et consultant de dirigeants de PME · publié le 16 février 2026, mis à jour le 29 septembre 2026 · 6 min de lecture
Bureau de dirigeant au lever du soleil, café et tableau de bord à l'écran

Une routine matinale de dirigeant tient en quelques gestes, sans écran au réveil : bouger un peu, relire les priorités notées la veille, travailler en profondeur sans interruption, puis seulement ouvrir le tableau de bord. Elle change la journée parce qu'elle vous fait décider avant que les demandes des autres ne décident pour vous.

Au réveil, pas d'écran. C'est la règle numéro un, et la plus difficile à tenir.

Ce que vous faites le matin, avant que la journée commence, détermine la qualité de vos décisions jusqu'au soir.

1. Pourquoi le matin est-il la meilleure fenêtre pour un dirigeant ?

Parce que c'est le seul moment où personne ne vous demande rien. Avant les premiers conflits, les premières décisions réactives et les premiers problèmes urgents, votre attention est intacte. C'est la fenêtre où l'on pense le plus clairement, et celle que les notifications détruisent le plus vite.

Commencer par regarder son téléphone, c'est confier son état mental du matin aux notifications des autres. La journée devient réactive avant même d'avoir été décidée, et un dirigeant qui réagit à tout devient le goulot d'étranglement de son entreprise : c'est le premier piège du leadership et du management en 2026.

Pour les salariés, cette frontière est encadrée : selon le ministère du Travail, Le droit à la déconnexion, depuis le 1er janvier 2017, dans les entreprises dotées de sections syndicales représentatives, la négociation annuelle doit porter sur ce droit. Pour le dirigeant, personne ne le négocie : c'est à vous de vous l'appliquer.

Si la première chose que vous faites le matin est de relever vos courriels, vous passez votre journée dans l'agenda des autres plutôt que dans le vôtre.

2. La routine, étape par étape

Réveil, pas d'écran. Laissez le téléphone face contre la table de nuit : le premier moment de la journée vous appartient.

Ensuite, du mouvement léger. Des étirements, quelques séries simples, rien qui ressemble à une séance de sport. L'objectif est de lancer la circulation et de sortir du mode sommeil. Le sport a sa place ailleurs dans la semaine : pour moi, en ce moment, c'est le padel.

Puis la revue des priorités du jour. Les priorités, pas les tâches. Il y en a toujours deux ou trois vraies. Notez-les la veille au soir pour ne pas avoir à y réfléchir le matin : le matin, on consulte, on ne réfléchit pas.

Puis le bloc de travail profond. Concentration maximale, zéro interruption. Téléphone en silencieux, messageries fermées, pas de réunion. Ce bloc est sacré. C'est là qu'on avance sur les sujets qui demandent de la réflexion.

Enfin, le tableau de bord. Un coup d'œil, pas plus, sur les trois chiffres à regarder chaque matin avant de décider : trésorerie, pipeline, exécution. Si un assistant, humain ou agent, tient vos tâches et votre agenda, il a déjà préparé l'essentiel.

La règle absolue : le bloc de travail profond ne se coupe pas. Si une urgence réelle arrive (rare), on coupe, on traite, on revient. Mais les « urgences » habituelles peuvent attendre la fin du bloc.

3. Quelles habitudes matinales tiennent rarement leurs promesses ?

La lecture obligatoire. Lire chaque matin, c'est souvent lire sans rien retenir, parce que le cerveau pense déjà au travail. La lecture fonctionne mieux hors du contexte professionnel.

La méditation forcée. Pour certains, cela fonctionne très bien. Pour moi, avec un TDAH, rester assis sans bouger en pensant à « rien » génère plus de frustration que de calme. Le mouvement répond mieux à mon profil.

Le journal quotidien strict. Écrivez quand vous avez quelque chose à traiter, pas chaque matin comme un rituel immuable. Quand rien ne se présente, ne forcez pas.

4. Comment tenir une routine matinale avec un TDAH ?

En fixant le « quand » et en laissant varier le « quoi ». Avec un TDAH, la routine est plus nécessaire et plus difficile à tenir : nécessaire, parce que sans elle l'extérieur impose ses priorités ; difficile, parce que la monotonie tue la motivation. Une structure minimale règle les deux.

Je ne suis pas un cas isolé : selon l'Inserm (Minute d'attention : c'est quoi le TDAH ?), le TDAH concerne 2,8 % des adultes. Beaucoup de dirigeants le vivent sans le nommer.

Le bloc de travail profond du matin reste fixe ; ce que vous y traitez change selon la période.

Pour construire votre propre routine : ne copiez pas celle d'un autre. Copiez le principe (protéger une fenêtre de clarté avant les interruptions) et trouvez la forme qui correspond à votre profil. Testez, ajustez sur deux semaines, gardez ce qui fonctionne. Une routine qui ne vous correspond pas sera vite abandonnée.

5. Qu'est-ce qu'une routine matinale change dans la façon de diriger ?

Sans routine, les matinées passent en mode réactif. Courriels, messageries, demandes, urgences. Le premier vrai bloc de réflexion n'arrive qu'en fin de matinée, parfois seulement l'après-midi.

Avec une routine, le travail de fond est fait avant la première sollicitation. Ce temps protégé sert aux décisions stratégiques, aux analyses, aux chantiers qui demandent de la profondeur. C'est aussi ce qui permet de déléguer au lieu de tout faire soi-même : on sait ce qui compte avant que la journée ne le dicte.

Il ne s'agit pas d'en faire plus, mais de faire les bonnes choses dans le bon état d'esprit. Si vous n'arrivez pas à protéger ce moment seul, un regard extérieur aide : se faire coacher quand on est dirigeant n'a rien d'un aveu de faiblesse, et mon accompagnement de dirigeant commence par un appel de 15 minutes.

Retrouver le matin la capacité de décider avant que le monde ne décide pour vous, c'est tout le sujet de mon livre Recommencer à décider : 98 pages d'histoire vraie. Je l'offre aux dirigeants qui me le demandent.

Questions fréquentes

Quelle routine matinale pour un dirigeant avec un TDAH ?

Courte, souple, orientée démarrage rapide plutôt que rituel long. Ce qui marche le mieux : un ancrage physique court (cinq à quinze minutes de mouvement), une revue immédiate des deux ou trois priorités notées la veille, et un bloc de travail profond démarré sans transition. Évitez les routines si rigides qu'elles deviennent une source de frustration quand elles sautent.

Par où commencer pour créer une routine matinale efficace ?

Par un seul changement, pas dix. Choisissez l'élément qui a le plus d'impact pour vous : lever trente minutes plus tôt pour un bloc de travail calme, ou remplacer les réseaux sociaux du réveil par la revue des priorités. Tenez ce seul changement deux semaines. Ajoutez le suivant quand le premier est devenu automatique.

Faut-il se lever tôt pour être un bon CEO ?

Non. Ce qui compte est d'avoir une fenêtre de clarté avant que les sollicitations commencent. Pour certains, c'est 5 h 30 ; pour d'autres, 8 h si les premières réunions ne démarrent qu'à 10 h. L'objectif est de protéger un moment de réflexion calme avant d'entrer dans le flux des demandes. L'heure exacte est secondaire.

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